À Villeurbanne, Bruno Bonnell, candidat Macron, attaqué sur les paradis fiscaux

samedi 16 septembre 2017.
 

Dans la 6e circonscription du Rhône (Villeurbanne), la république exemplaire prônée par Emmanuel Macron vacille. Bruno Bonnell y est candidat La République en marche. Bien implanté, cet homme d’affaires est même, selon les sondages, en passe de l’emporter face à la socialiste Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’Éducation de François Hollande. Oui mais voilà, Bonnell est rattrapé par une vieille affaire d’optimisation fiscale.

Comme le révèle Médiacités, c’est un arrêt de la cour d’appel de Lyon du 14 février 2011, exhumé par Laurent Legendre, candidat de la France Insoumise, et tranchant la procédure de divorce qui oppose Bonnell, à son ex-épouse qui met la lumière sur les petits arrangements du chef d’entreprise. Au détour de cet arrêt, on apprend en effet que le fondateur de la florissante société de jeux vidéos Infogrammes, est propriétaire d’une société implantée aux États-Unis. Plus précisément dans le Delaware, un Etat, notent les magistrats de la cour d’appel, «  connu du monde de la finance internationale pour être ce que l’on nomme communément un paradis fiscal  ».

Delaware, paradis fiscal  ?

Il n’en fallait pas plus pour susciter la curiosité de Médiacités D’autant plus que les attendus de cet arrêt sont corsés. Les magistrats voient en Bonnell, 58 ans aujourd’hui, un «  homme d’affaires très avisé et très habilement conseillé, qui a entièrement restructuré son patrimoine, y compris en utilisant judicieusement un endettement qui pourrait être qualifié de colossal, afin d’éluder l’impôt de solidarité sur la fortune d’abord et l’impôt sur le revenu ensuite  ».

«  La notion de paradis fiscal est relative et nouvelle. Qu’est-ce qui prouve que le Delaware en est un  ?  » rappelle la défense de Bruno Bonnell dans ce dossier dont l’enjeu final n’est autre que la portée de la pension alimentaire que Bonnell est censé alloué à son ex-femme.

«  Délire total  »

Toujours selon cet arrêt, Bonnell n’aurait «  pas été soumis à l’impôt sur le revenu, ni au titre de l’année 2008, ni à celui de l’année 2009  ». «  Tout ça, c’est le délire total de l’avocat de mon ex-femme  ! Je n’ai fait l’objet d’aucun redressement fiscal  », rétorque Bruno Bonnell dont Médiacités rappelle qu’il a touché 2,4 millions d’indemnités de licenciement en quittant Attari en 2007.

Médiapart, qui s’est aussi penché sur le dossier Bonnell, évoque une deuxième société, elle aussi implantée dans le Delaware. Nommée BB26, cette société a été créée en 2007. Selon le site, BB 26 n’a jamais eu d’activité, mais n’a pas été fermée pour autant. Bonnell s’en est expliqué hier dans Lyon Capital. «  La société BB26 a été créée en mars 2007 dans le Delaware car je comptais y établir la base américaine de mes activités de jeux en ligne. Les aléas de la vie m’ayant forcé à revenir en France en août 2007, cette société est en sommeil depuis  » justifie Bonnell.

«  Excès de zèle  »

Médiapart rappelle par ailleurs qu’en 2008, Infogrames a été condamnée à verser 40 000 € à l’Autorité des marchés financiers (AMF). La gestion de Bonnell - ce dernier a quitté l’entreprise depuis un an au moment de cette condamnation - est épinglée. Selon le site d’information, Bonnell, alors directeur financier, aurait «  artificiellement fait varier le cours de son titre […] en achetant et revendant des paquets d’actions  » entre 2002 et 2003. Sur cet aspect, Bonnell balaie et parle d’un«  excès de zèle  » de l’AMF dans une opération qui pour lui n’avait d’autres objectifs que de«  défendre le titre  ».

Bruno Bonnell dénonce au final une «  stratégie de désinformation qui rappelle les pires années de la politique  ». Et voit au final dans ces différentes attaques, l’illustration de la «  panique  » de ses opposants.


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