16 octobre 1953 « Condamnez-moi, peu importe ; L’Histoire m’acquittera. » (Fidel Castro)

lundi 2 décembre 2019.
 

En 1952, le général Fulgencio Batista réussit un coup d’état avec l’aval et le soutien des USA. Il installe aussitôt une dictature militaire protégeant une classe sociale dominante corrompue liée aux Etats Unis (casinos, trafic de drogue, prostitution...).

Le 26 juillet 1953, quelques dizaines de jeunes tentent de prendre la caserne de Moncada, prélude à une offensive contre le pouvoir totalitaire de Batista. L’opération échoue ; quatre vingt assaillants sont tués.

26 juillet 1953 : 150 jeunes cubains attaquent la caserne de La Moncada

Fidel Castro est fait prisonnier. Lors de son procès, il réclame sa condamnation pour rejoindre ses compagnons emprisonnés dans des condition ignobles :

« …Il est nécessaire maintenant d’analyser un peu les faits. Le gouvernement a eu à dire lui-même que la précision et la perfection avec lesquelles l’attaque fut menée laissaient supposer que des experts en avaient élaboré le plan. Rien de plus absurde. Le plan fut tracé par un groupe de jeunes gens dont aucun ne possédait d’expérience militaire. Je vais révéler leurs noms (à l’exception de deux d’entre eux qui ne sont ni morts, ni emprisonnés) : Abel Santamaria, José Luis Tasende, Renato Guitar Rosell, Pedro Miret, Jesus Montané et celui qui vous parle. La moitié sont morts, et en juste hommage à leur mémoire je dois dire qu’ils n’étaient nullement des experts militaires, mais qu’ils avaient suffisamment de patriotisme pour, à armes égales, administrer une majestueuse volée à tous les généraux du 10 mars réunis, lesquels ne sont ni des militaires ni des patriotes. »

« La tâche la plus difficile fut d’organiser et de mobiliser les hommes, de se procurer les armes, sous un régime de répression qui affecte des millions de pesos à l’espionnage, à la délation et à la corruption ; pourtant ces jeunes gens avaient un sérieux, une discrétion et une constance vraiment incroyables ; il sera toujours plus méritoire encore de tout sacrifier à un idéal, y compris la vie. »

« Tout le monde avait reçu des instructions de se montrer avant tout humain dans le combat. Jamais aucun groupe d’hommes armés ne fit preuve de tant de générosité à l’égard de l’adversaire. »

« Du coté de l’armée, la discipline laissa beaucoup à désirer. Elle nous a finalement vaincus à cause de sa supériorité numérique, 15 contre 1, et du fait de la protection que lui apportèrent les défenses de la forteresse. »

« C’est ainsi que luttent les peuples lorsqu’ils veulent conquérir leur liberté ; ils attaquent les avions à coups de pierre et renversent les tanks ! »

« Me voici au terme de ma défense. Je ne finirai pas en demandant l’acquittement de l’accusé, comme le font toujours les avocats. Je ne puis le faire, alors que mes compagnons souffrent dans la prison ignominieuse de l’île des Pins. Envoyez-moi auprès d’eux partager leur sort ; c’est normal que des gens honnêtes soient tués ou emprisonnés dans une République dont le Président est un voleur et un criminel. »

« Condamnez-moi, peu importe ; L’Histoire m’acquittera. »

L’Histoire m’acquittera 16 octobre 1953


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